Tridandisvami Sri Srimad Bhaktivedanta Narayana Maharaja
San Francisco, Californie, 3 mai 2001
Cette classe s’adresse en particulier aux disciples de Srila Prabhupada et dévots aînés qui ont perdu l’enthousiasme du début par manque de compagnie de dévots avancés. Elle est aussi une mise en garde pour tous les dévots, quel que soit leur niveau, qui doivent arroser correctement et prudemment leur plante de la bhakti avec le chant des saints noms et l’écoute d’hari-katha. Le chant des saints noms doit produire sept résultats que Srila Maharaja décrit ici en partie. Srila Narayana Maharaja répond au désir de son siksa-guru, Srila Prabhupada, qui, avant de quitter ce monde, lui a demandé d’aider ses disciples.
J’offre mes humbles hommages aux pieds pareils au lotus de mon gurudeva, om visnupada Sri Srimad Bhakti Prajnana Kesava Gosvami Maharaja, et aux pieds pareils au lotus de mon siksa-guru, om visnupada Sri Srimad Bhaktivedanta Svami Maharaja. Par leur miséricorde, nous prêchons dans de nombreux endroits et partout où nous allons les dévots sont inspirés. Ils se souviennent maintenant constamment de leur Srila Prabhupada. Je suis venu avec cette seule intention. Mon principal objectif est d’accroître la foi des dévots et de les inspirer à suivre de nouveau ses enseignements. Mon but est d’aider les dévots comme il me l’a demandé dans ses derniers jours.
Pourquoi tant de dévots sont partis?
La question se pose ici et ceux qui sont intelligents doivent y réfléchir. Pour quelle raison beaucoup ont-ils quitté la lignée de Svami Maharaja? Pourquoi sont-ils devenus si faibles? Ils avaient reçu les deux initiations, harinam et diksa, ils l’ont servi et sont restés avec lui dans le brahmacarya asrama (célibataire étudiant la vie spirituelle), et certains d’entre eux ont même pris sannyasa (l’ordre du renoncement). Ils ont eu l’occasion de servir Svami Maharaja de nombreuses façons, distribuant des milliers de livres et devenant numéro un ou numéro deux mondial de la distribution. Ils ont aussi développé avec ferveur les gurukulas, ouvert plusieurs temples dans diverses parties du monde et rapporté de grosses sommes d’argent. Ils l’ont fait par tous les moyens possibles.
Pourquoi sont-ils devenus faibles et sont-ils entrés dans la vie de famille? Presque tous les brahmacaris qui étaient engagés dans l’adoration des murtis dans le temple se sont mariés ou ont abandonné la conscience de Krishna. Ils sont retournés à une vie matérielle, et certains se sont même opposés à la voie de la bhakti. Pourquoi tout cela? Nous devons y réfléchir.
Je sais que la plupart des disciples aînés de votre Prabhupada, mon siksa-guru, étaient des brahmacaris. Lorsqu’ils étaient avec leur guru, ils étaient si enthousiastes qu’ils donnaient toute leur énergie pour le servir. Mais aujourd’hui, même ceux qui avaient pris l’ordre du renoncement sont partis. Nous devons essayer de comprendre pourquoi et à l’avenir être très prudents. Car c’est véritablement la chose sur laquelle nous devons méditer. De nombreux vaisnavas aînés qui ont quitté la voie de la bhakti sont présents parmi nous aujourd’hui.
Planter la graine d'un grand arbre
A cet égard, je veux vous dire une chose. Lorsque nous plantons la graine d’un grand arbre, comme par exemple une graine de manguier, nous commençons par lui donner de l’eau. Nous l’arrosons correctement et la protégeons afin qu’aucun animal ne vienne la manger ou la détruire. Même lorsqu’elle a quelque peu grandi, nous continuons à lui donner suffisamment d’eau et d’attention. Plus tard, lorsque les racines sont plus profondes, capables de prendre l’eau dans la terre, il n’est plus nécessaire de lui donner autant d’eau, mais nous devons installer une barrière de protection. Sinon, elle pourra encore être détruite par des animaux, un éléphant fou par exemple.
L’offense et la barrière
L’éléphant fou représente les offenses et la barrière la compagnie des purs dévots. Nous devons chercher la compagnie de Gurudeva. Nous devons absolument rechercher la compagnie de dévots très avancés qui sont à même de puiser l’eau dans la terre et s’auto-suffire. Ils sont désormais si forts qu’aucun éléphant ne peut plus les endommager. En restant en leur compagnie, la fermeté dans la bhakti (nistha) apparaîtra, puis ensuite ruci. Ruci signifie un goût prononcé pour le chant des saints noms et l’écoute d’hari-katha. L’attrait sera si intense que si la personne apprend qu’un pur vaisnava parle quelque part, elle fera plus de mille kilomètres, abandonnant toute autre activité, travail ou devoir quel qu’il soit, parce qu’elle désirera vraiment être en sa compagnie.
Il est un niveau où vous avez déjà reçu les initiations harinama et diksa, vous chantez et avez renoncé à la vie matérielle, aidant tous les projets de votre gurudeva, mais les anarthas (obstacles à la pure bhakti) n’ont pas encore disparu et le véritable goût (ruci) n’est pas encore là. Ce niveau est vraiment très critique. Si vous ne faites pas extrêmement attention à protéger et arroser votre plante de la bhakti, elle peut être déracinée ou s’affaiblir grandement.
Kala Krishnadasa et Raghunatha dasa
Le serviteur personnel de Sri Caitanya Mahaprabhu, Kala Krishnadasa, L’accompagna dans le sud de l’Inde pendant à peu près quatre mois. Il n’avait aucun goût pour le chant et le souvenir ou l’écoute d’hari-katha, mais il aidait Mahaprabhu. Il avait beaucoup de chance de pouvoir Le servir, mais malgré cela il n’avait pas de goût pour Son hari-katha. Mahaprabhu chantait: «Hare Krishna! Hare Krishna!» dans tous les temples et convertissait tout le monde en vaisnava, mais qu’en était-il de son serviteur? Kala Krishnadasa n’avait jamais dit à Mahaprabhu: «Je veux écouter hari-katha». Il ne Lui avait jamais posé de question et n’avait jamais entendu Ses enseignements. C’est pourquoi il fut très attiré par les bhattatharis, des gitanes si jolies qu’en un instant il abandonna Caitanya Mahaprabhu, Dieu la Personne Suprême.
Raghunatha Dasa Gosvami était aussi un compagnon de Mahaprabhu, mais lui, par contre, avait le goût pour l’écoute. Depuis sa plus tendre enfance, il avait eu la compagnie de Srila Haridasa Thakura et de son gurudeva, Yadunandana Acarya, de qui il avait entendu parler de Krishna. Ne tenant plus en place, il alla vite à Puri pour avoir la compagnie de Sri Caitanya Mahaprabhu et de Son entourage. Mahaprabhu était très content de le voir et lui dit: «Tu as réussi à t’échapper du puits sombre dans lequel tu te trouvais, c’est très bien.» Mahaprabhu le confia aux bons soins de Srila Svarupa Damodara et déclara: «A partir d’aujourd’hui, tu appartiens à Svarupa Damodara. Tu peux apprendre plus de lui qu’en M’écoutant moi. Considère-le comme ton professeur, ton siksa-guru.»
Raghunatha Dasa renonça à tout attachement matériel et s’abandonna totalement aux pieds pareils au lotus de Svarupa Damodara. Il l’écoutait sans cesse et notait tout sur son journal et dans son cœur. Ainsi augmentait toujours plus son désir d’écouter Caitanya Mahaprabhu, Srila Rupa Gosvami, Srila Sanatana Gosvami, Sri Svarupa Damodara, Srila Ramananda Raya et les autres compagnons de Caitanya Mahaprabhu. Il les écoutait avec beaucoup de patience, gravant tous leurs enseignements dans son cœur.
Après la disparition de Caitanya Mahaprabhu, Svarupa Damodara et Gadadhara Pandita, il ne put tolérer plus longtemps d’être séparé d’eux. Il se rendit à Vrindavana dans l’intention de mettre fin à ses jours tant la douleur était insupportable. Pleurant continuellement, il pensait: «La séparation de mon gurudeva, de tous les vaisnavas et de Caitanya Mahaprabhu m’est intolérable. Ils m’ont quitté et maintenant je suis seul.» Il arriva à Vrindavana et voulait sauter dans la Yamuna ou se jeter de la colline Govardhana, mais au lieu de cela il obtint la compagnie de Rupa et Sanatana et de tous les Gosvamis. Il résida sur les berges du Radha-kunda 24 heures par jour, toujours absorbé comme suit:
«Je rends mon hommage respectueux aux Six Gosvamis, qui consacraient tout leur temps aux chants des saints noms et de bhajanas et à offrir dandavat pranama, remplissant alors humblement leur vœu de chanter un certain nombre de tours par jour. Ils faisaient ainsi un bon usage de leur vie et triomphaient de la faim et de la fatigue. Toujours humbles et modestes, ils s’enchantaient du doux souvenir des qualités et attributs de Sri Sri Radha-Krishna.» (Sri Sad-Gosvami Astakam 6)
Raghunatha Dasa suivait tous ces principes. Vous pouvez constater la différence qui existe entre Kala Krishnadasa et Raghunatha Dasa Gosvami.
La mère spirituelle (dharma ma) de Chota Haridasa
Mahaprabhu rejeta l’un de Ses dévots pourtant très avancé, Chota Haridasa. Celui-ci était toujours en Sa compagnie, mais Mahaprabhu vit qu’il avait une relation avec une femme, Madhavi devi, la sœur de Sikhi Mahiti, un de Ses plus proches compagnons. Madhavi devi était pourtant très âgée, et Chota Haridasa pensait: «Elle est ma mère spirituelle, dharma ma, ma nouvelle mère.» En tant que sannyasi, il avait renoncé à sa famille, sa propre mère, son père et tous ses parents, et voilà qu’il développait une relation avec cette femme. Lorsqu’on a renoncé à la vie matérielle, il ne s’agit pas de retrouver une mère, un père, une sœur ou un frère spirituels. Votre guru remplit alors toutes ces fonctions. Il représente tout. Pourquoi avoir besoin de ces nouvelles relations? Votre bhakti serait détruite de cette manière-là. Soyez toujours très prudents.
Essayez de vous comporter comme Raghunatha Dasa Gosvami et Sukadeva Gosvami
Nous devons essayer d’agir comme Raghunatha Dasa Gosvami et tâcher de comprendre et suivre Sri Sukadeva Gosvami. Bien qu’il était avant un nirvisesa-vadi, absorbé dans la conception que la vérité suprême n’a ni variété ni caractéristique, Sukadeva Gosvami fut très attiré par Sri Krishna par le biais de son père, Sri Dvaipayana Vyasadeva. Vyasadeva était un dévot très élevé, il était comme Narayana en personne. En effet, Narayana l’avait investi de toute Sa bhakti-sakti. Il était donc comme Narayana, mais sans l’être. Il était Son saktyavesa-avatara, Sa manifestation directe. Vyasadeva était si qualifié! Il avait divisé les Vedas en quatre, avait écrit le Brahma-sutra ainsi que tous les Puranas et, malgré tout cela, il restait insatisfait. Par la grâce de Narada Rsi, son gurudeva, il sortit de sa dépression et le Srimad-Bhagavatam se manifesta dans son cœur. Le Srimad-Bhagavatam est transcendantal, de même que la Bhagavad-gita. Ils ne sont pas comme des livres ordinaires qui seront brûlés si vous les mettez dans le feu. La Gita ne pourra jamais être détruite, mais il peut arriver que ses enseignements soient tantôt recouverts, tantôt manifestés. Ces enseignements sont sabda-brahma, des sons transcendantaux provenant de Krishna, Dieu Lui-même. Ils sont les vani, les paroles de Krishna. Sri Vyasadeva enseigna tout le Srimad-Bhagavatam à Sukadeva Gosvami, qui le répéta dans l’assemblée de Srila Maharaja Pariksit. Tous ceux qui entendirent son récit devinrent des dévots avancés.
Un niveau très critique
Ce niveau est donc très critique. Un dévot qui a quitté richesses, femme, enfants, position, etc., mais n’a pas encore de goût véritable connaît une situation très délicate. A ce niveau-là, il ne faut absolument pas quitter la compagnie des dévots avancés. Si vous vous éloignez de ce type de personnes, vous vous affaiblirez et après quelque temps Maya viendra et vous attirera, c’est inévitable.
Tel fut le cas quand Srila Svami Maharaja quitta ce monde pour rejoindre son Prabhu, Krishna, et Le servir dans Sa relation conjugale. Les dévots s’affaiblirent de plus en plus, ils ne savaient plus comment agir. Il n’y avait alors pas beaucoup de dévots avancés pour les inspirer et leur dispenser hari-katha. Ils se dirent: «Nous étions précédemment dans l’institution de la conscience de Krishna, mais qu’adviendra-t-il de nous dans le futur?» C’était un problème pour eux. Ils n’avaient pas de réelle foi en Krishna, pas de saranagati, d’abandon total à Ses pieds pareils au lotus. Ils sont devenus de plus en plus faibles et ont tout abandonné.
Ils ont commencé à dépendre de leur fortune matérielle et ne furent plus concernés que par le fait de collecter de l’argent et d’être matériellement heureux. Ils étaient très experts en la matière car ils avaient servi leur gurudeva précisément de cette manière. C’est ainsi qu’ils étaient devenus si riches. Ils se sont mis à penser: «Tout ce que nous faisons est très bien», mais moi, je pense que ce n’est pas le cas. Quelle est l’utilité d’être riche sans krsna-bhakti? S’il n’y a que krsna-bhakti et rien d’autre, alors c’est très bien. Même le fait d’être pauvre et se maintenir d’une manière ou d’une autre est très bien du moment que la bhakti est présente.
Deux sortes de personnes sont heureuses
Nous sommes maintenant dans l’âge de fer des ordinateurs et autres technologies. Tout cela est très florissant. Nous découvrons de multiples manières d’être heureux, mais personne n’est réellement satisfait. Il n’y a que deux sortes d’êtres qui parviennent à être heureux en ce monde. Il y a d’un côté ceux qui ont réellement du goût pour le saint nom de Krishna et l’écoute de hari-katha, et les autres qui sont tout simplement fous. Ils prennent des drogues et tombent dans un piège où des chiens viennent lécher leur visage et uriner sur eux, néanmoins, ils continuent à penser: «Parmi tous les êtres, nous sommes les monarques, et nous sommes les plus heureux.» Seules ces deux sortes d’individus peuvent réellement être heureux. Il n’existe pas de troisième catégorie.
Vous devez agir avec prudence et vous souvenir qu’un jour, très bientôt, la vieillesse viendra vers vous à grands pas. Vous êtes maintenant très beaux, mais bientôt votre visage se desséchera. De nombreux problèmes se présenteront et au moment de la mort vous ne pourrez pas emporter ce que vous collectez aujourd’hui. Souvenez-vous de toutes ces choses. Retrouvez l’inspiration, chantez plus et ayez une foi ferme dans les paroles de Sri Caitanya Mahaprabhu:
ceto darpana marjanam bhava maha davagni nirvapanam
sreyah kairava candrika vitaranam vidya vadhu jivanam
anandambudhi vardhanam prati padampurnamrtasvadanam
sarvatma snapanam vijayate sri krsna sankirtanam
«Gloire au sankirtana de Sri Krishna, de nos cœurs il balaie toutes choses impures accumulées au cours des âges. Il éteint le feu de l'existence matérielle avec ses naissances et ses morts successives. Il répand sur tous les êtres les rayons de sa bienveillante lune, faisant s'épanouir le lotus blanc de la bonne fortune. Ame du savoir spirituel, il fait croître l'océan de félicité et donne de savourer peu à peu ce nectar de l'amour divin après lequel l'être languit sans cesse.» (Sri Siksastakam 1
Vous avez oublié cela et devez à nouveau en entendre parler. Nous, par contre, nous avons une immense foi en le processus du chant des saints noms, c’est le seul moyen par lequel vous serez réellement satisfaits. Autrement vous ne pourrez jamais, jamais, jamais être heureux.
Sachez que Krishna est Dieu la Personne Suprême et qu’Il est très puissant. Même Ses manifestations peuvent créer des milliers et des milliers d’univers en une seconde, puis elles peuvent les détruire et à nouveau les créer. Parallèlement, Krishna est très miséricordieux, très doux, Il est très beau et est le réservoir de toutes les qualités.
Dans le Kali-yuga, Il a investi Ses seize noms de toutes Ses qualités et de Sa miséricorde. Tous ces noms sont Radha et Krishna et ils sont même plus puissants que Radha et Krishna. En chantant, tous vos désirs seront comblés. Si vous pouvez voir Radha et Krishna, tous vos désirs seront automatiquement comblés, mais il faut savoir qu’Ils ne viendront pas et que nous ne pourrons avoir Leur darsana sans la grâce de Leurs saints noms.
Krishna a investi Son nom de cette manière, mais nous avons si peu de foi. Srila Haridasa Thakura a cette foi, Sri Prahlada Maharaja de même, ainsi que tous nos acaryas, les maîtres de la lignée disciplique, du premier au dernier, tous ont la foi. Srila Svami Maharaja et mon gurudeva aussi ont la foi. Nous avons aussi la foi et c’est la raison pour laquelle nous ne souhaitons pas de choses matérielles. Nous voulons seulement avoir de l’amour et de l’affection pour le chant des saints noms. Si vous suivez ce principe, vous ne pourrez pas tomber ou dévier.
Chanter en ayant conscience de sa relation, en compagnie de dévots avancés
En chantant sincèrement, le cœur deviendra tout d’abord comme des livres qui sont gardés dans une caisse de verre. On peut les voir à travers la vitre et lire leur titre, mais il est impossible de les toucher parce qu’ils sont sous clé. Si un sadhaka est en compagnie de dévots avancés, chantant avec conscience de sa relation et abandonnant son anyabhilasa, ses désirs matériels, karma, les actes intéressés, jnana, la spéculation intellectuelle conduisant à la libération impersonnelle, yoga, les pouvoirs mystiques, tapasya, les austérités inutiles à la bhakti, qu’adviendra-t-il de lui? Le miroir de son cœur deviendra clair, même s’il est encore «sous clé».
Aranya Maharaja: lorsque l’âme conditionnée, étant dans ce monde, entame le processus de nama-sankirtana et que son cœur se purifie…
Srila Narayana Maharaja: vous pouvez penser: «Aranya Maharaja, tu nous dis cela, mais l’as-tu réalisé? Nous avons chanté les saints noms pendant vingt ans avec Prabhupada et nous avons entendu tant de choses. Tu es très jeune et tu veux nous enseigner? As-tu seulement réalisé quelque chose de ce que tu dis? As-tu réalisé ceto darpana marjanam bhava maha davagni nirvapanam (les premiers et seconds excellents résultats de sri krsna-sankirtana, le miroir du cœur qui se nettoie et le soulagement des souffrances de la vie matérielle)?»
Je peux vous dire que j’ai quelques réalisations. Srila Svami Maharaja a des réalisations et j’en ai quelques-unes aussi. Vous pouvez donc avoir confiance en moi et chanter les saints noms.
Nombreux sont ceux qui sont tombés faute d’avoir suivi le juste procédé, comme nous le faisons. Nous suivons le processus tel qu’il est prescrit. Je ne sais d’où cela vient, mais depuis le début de ma vie, lorsque j’étais enfant, je chantais: «rama rama; hare krsna hare krsna krsna krsna hare hare.» Puis plus tard lorsque j’eus 24 ou 25 ans, j’ai rencontré mon gurudeva et j’ai été vraiment attiré par la pure bhakti. J’avais alors un très bon travail comme officier de police. Je n’avais pas encore été initié et pourtant, je chantais un lakh, 64 tours de saints noms chaque jour. En 1946, j’ai reçu l’initiation et j’étais souvent en compagnie de Srila Bhaktivedanta Svami Maharaja, votre gurudeva, et aussi Pujyapada Sridhara Maharaja, Pujyapada Srauti Maharaja, Pujyapada Vaikhanasa Maharaja, Pujyapada Nemi Maharaja et Srila Bhakti Promoda Puri Maharaja. Suivant le procédé, je chantais et écoutais hari-katha et je les servais. Ainsi, toutes sortes de bhava-maha-davagni-nirvapanam, misères de ce monde, disparurent totalement. Maintenant je suis très heureux. J’ai des milliers et des milliers d’enfants, et je ne suis pas attaché à eux. Je souhaite seulement leur bien-être, je veux qu’ils soient des dévots. Srila Svami Maharaja était comme cela, de même que mon gurudeva, et je marche sur leurs traces. Je peux donc vous dire que tous mes problèmes ont disparu, je l’ai réalisé. Bhava-maha-davagni-nirvapanam. Et la suite aussi sreya kaivara candrika vitaranam. Tout cela vient aussi. Vous pouvez réaliser cela si vous suivez votre gurudeva. Vous pouvez aussi me suivre parce que Srila Svami Maharaja m’a dit: «Tu dois aider mes disciples.»
Sreya kaivara candrika vitaranam. Toutes les qualités que possèdent les dévots élevés se manifesteront chez celui qui suit le processus. La plante de la bhakti a six feuilles qui correspondent à six symptômes. Si vous chantez réellement en étant guidé par un guru authentique, en conscience de votre relation avec Krishna, abandonnant tous les désirs matériels, toutes sortes de mauvaises habitudes et attachements disparaîtront facilement. Aucun attrait pour Maya ne restera si vous chantez les saints noms, écoutez hari-katha et servez gurudeva. Si tant de désirs matériels demeurent et qu’il reste autant de concupiscence, cela signifie que vous ne suivez pas le processus correctement. Il y a une faille et vous devez essayer de la trouver et d’y remédier. Sinon, toute l’eau s’en ira et la plante de votre bhakti se desséchera.
Vous avez lu le Srimad-Bhagavatam de nombreuses fois et en en parlant aux autres vous êtes comme des professeurs. En Inde, il y a beaucoup de professionnels qui récitent le Bhagavatam. Lorsqu’ils l’expliquent, tous sont attirés et charmés et ils peuvent même pleurer. Mais les yeux de ces conteurs ne sont fixés que sur l’argent. Ils ne se soucient réellement que de l’argent qu’ils gagneront. Ce ne sont pas des purs dévots, ils ne sont pas même des dévots et certains sont des mayavadis de Sankara. Toutes leurs offenses et tous leurs attachements demeureront.
Le premier symptôme de la bhakti est que l’on se détache des biens matériels. Dans le cas contraire, il y a une faille que vous devez colmater rapidement. Si vous ne le faites pas, vous vous affaiblirez et sombrerez. Nous voyons que beaucoup de dévots seniors sont faibles et qu’ils sont incapables de renoncer à leurs attachements matériels. Ce doit pourtant être une priorité. Alors toutes les bonnes qualités apparaîtront. Nous devons être vigilants afin de contrôler ce qui se développe en nous.
Puis vient vidya-vadhu-jivanam. Le chant de harinama produit sept symptômes. S’ils n’apparaissent pas, cherchez la faille et réparez-la. Autrement vous ne réaliserez rien.
trnad api sunicena taror api sahisnuna
amanina manadena kirtaniya sada harih
«On doit chanter le saint nom du Seigneur constamment en toute humilité, en se considérant moins qu’un brin d’herbe sur la route, en étant plus tolérant qu’un arbre, en étant dénué de toute prétention et toujours prêt à offrir ses respects à autrui. C’est dans un tel état d’esprit que l’on peut chanter sans fin le saint nom de Sri Hari.» (Sri Siksastaka 3)
Ces quatre qualités apparaîtront. Si elles ne sont pas présentes, c’est que le chant du nom n’est pas pur. Fixez-vous cette priorité. Que signifie vidya? Connaissance. Ici, vidya est Srimati Radharani Elle-même. Ses activités pleines d’amour et d’affection peuvent contrôler Krishna. Le vidya transcendantal est la connaissance de la manière de servir Krishna et Radhika, et particulièrement Krishna, Dieu la Personne Suprême. L’amour de Srimati Radhika va jusqu’à sneha, mana, pranaya, raga, anuraga, bhava, mahabhava, modana et madana. Krishna n’a pas toutes ces qualités. Il ne possède pas madana. Srimati Radhika a madana et, de ce fait, Elle est réellement vidya. Elle est para-vidya, la connaissance transcendantale. Elle est svarupa-sakti, l’énergie interne de Krishna, ou hladini-sakti, Son énergie de félicité, et Elle se nomme vadhu. Vadhu signifie bien-aimé. Si vous chantez le nom de la juste manière, après quelques jours, au quatrième niveau, celui de ruci, vous réaliserez vidya-vadhu-jivanam. Vous réaliserez que ce saint nom est le bien-aimé, la vie et l’âme de Radhika qui, Elle, est la personnification de la bhakti.
Le cinquième niveau est anandambhudi vardhanam. Vous devez réaliser ces choses et à partir d’aujourd’hui commencer à chanter les saints noms de cette manière. Vous réaliserez alors bientôt les enseignements de Caitanya Mahaprabhu.
Caitanya Mahaprabhu allait au temple de Jagannatha mais jamais Il ne voyait Jagannatha, Baladeva et Subhadra. Il voyait Vrajendranandana Syamasundara. Quelquefois, lorsqu’Il était dans Son état de conscience externe, Il pouvait voir Jagannatha, Baladeva et Subhadra tels qu’Ils sont, mais généralement Il voyait Vrajendranandana Syamasundara avec Sa flûte. Vrajendranandana vina pate mora «Mon cœur se brise. Où est Krishna? Où est Krishna?» Dans la forêt de Jarikhanda que traversa Mahaprabhu pour Se rendre à Vrindavana, il y avait de nombreux éléphants, tigres, ours, serpents et autres animaux dangereux. Un jour, alors que Mahaprabhu prenait Son bain, un grand miracle se produisit: Mahaprabhu aspergea des éléphants; ils levèrent alors la trompe et se mirent à chanter hare krsna hare krsna krsna krsna hare hare / hare rama hare rama rama rama hare hare.
Mahaprabhu n’avait pas conscience de qui Il était. Il savait seulement qu’Il cherchait Krishna: «O Krishna, où es-Tu, où es-Tu?» Si ces sentiments se manifestent même un tout petit peu, votre vie est un succès. Essayez de chercher Krishna, Sri Nandanandana avec Srimati Radhika, en suivant ce processus. Vous réaliserez très vite ce que vous ne pourriez pas réaliser autrement, même à soixante ou soixante-dix ans. Très vite, vous réaliserez tout cela. De quelle manière?
Caitanya Mahaprabhu en est l’exemple vivant. Lorsqu’Il était à Kasi, Varanasi, Il rencontra Prakasananda Sarasvati qui Lui demanda: «Tu es dans une très bonne lignée disciplique. Tu es un sannyasi, aussi pourquoi chantes-Tu et danses-Tu comme Tu le fais? Nous n’agissons pas comme ça?» Mahaprabhu répondit: «Parce que Je ne suis pas très intelligent, Mon gurudeva m’a dit: ‘Tu n’es pas qualifié pour étudier le Vedanta. Rappelle-Toi seulement de ce sloka:
harer nama harer nama harer namaiva kevala
kalau nasty eva nasty eva nasty eva gatir anyatha
‘Dans cet âge de querelle et d’hypocrisie, le seul moyen de délivrance est le chant des saints noms du Seigneur. Il n’y a pas d’autre moyen, pas d’autre moyen, pas d’autre moyen.’ (Sri Caitanya-caritamrta, Adi-lila 17.21, Madhya-lila 6.242)
«Simplement en chantant les saints noms, en chantant les saints noms, et en chantant les saints noms. Il n’existe pas d’autre procédé, vous ne pourrez jamais être heureux par un autre moyen.» Mahaprabhu continua: «Mon gurudeva M’a donné le saint nom, hare krsna, et aussi le gopala-mantra. Quand J’ai commencé à chanter ces mantras, Je suis devenu fou, complètement fou. Je ne comprenais pas pourquoi. Je voyais un garçon. Ces noms prenaient la forme d’un très bel adolescent de couleur syam, sombre. Je Le voyais jouer de la flûte et Me sourire avec des yeux langoureux. Je suis tout de suite tombé sous le charme. Je voulais Le suivre. J’ai vite couru vers Lui mais Il était parti. Alors J’ai couru très vite, mais Il courait encore plus vite. Et Je ne pouvais pas Le toucher. Puis lorsque enfin Je L’approchai de très près, presque au point de L’attraper, Il disparut. Je devins alors fou et tombai sur le sol, roulant dans la poussière et pleurant: ‘Où est Mon Krishna? Où est Mon Krishna?’
«Je ne sais comment Mon cœur réalise toutes ces choses. Lorsque Je chante le nom de Krishna, Je vois Mon bien-aimé et Je ne peux plus Me contenir. Parfois je chante, d’autres fois Je danse, ou alors je Me roule sur le sol en pleurant: ‘Hélas Krishna! Hélas! Où es-Tu?’ Je suis allé voir mon gurudeva et je lui ai dit: «O Gurudeva, quel sorte de mantra M’as-tu donné qui me rend si fou? Le monde entier Me dit que J’ai perdu la raison et Je réalise aussi que Je suis devenu complètement fou. Pourquoi M’as-tu donné ce mantra?’ Gurudeva m’embrassa immédiatement et dit: ‘Ta vie est un succès. Tel est le résultat du chant du harinama. Je suis si fier de T’avoir comme disciple!’»
Vous devez essayer d’être de tels disciples afin que votre guru soit très fier de vous. Si vous ne faites pas cela, au contraire, vous serez faibles et échouerez. Dans ce cas, au lieu d’être fier de vous, votre guru sera plutôt inquiet pour vous. Peut-être devra-t-il revenir encore ici bas spécialement pour vous. Ou bien devra-t-il envoyer ses représentants en leur disant: «Allez l’aider.»
Caitanya Mahaprabhu et Son Rupa Gosvami, de même que Raghunatha Dasa Gosvami nageaient toujours dans les vagues d’anandambhudi-vardhanam, l’océan illimité et toujours grandissant d’amour et d’affection. Dans la séparation de Krishna, Caitanya Mahaprabhu devint complètement fou et sauta dans la mer. Il y resta toute la nuit et Son corps Se disloqua et S’allongea au niveau des articulations, ce qui le rendit très long. Il avait l’air d’un cadavre, mais Il était toujours en vie. Svarupa Damodara alla avec Ses compagnons Le chercher et ils finirent par le découvrir sur la plage. Ils L’entourèrent et firent un kirtana. Peu à peu, Caitanya Mahaprabhu retrouva Ses esprits et Se mit à chanter et danser: «Haribol! Haribol!»
Comment pourrez-vous réaliser toutes ces étapes? De merveilleux et puissants dévots les ont décrites dans leurs ouvrages. Anandambudhi-vardhanam. Raghunatha Dasa Gosvami était sur les berges du Radha-kunda, versant constamment des larmes. Vous ne pouvez imaginer cela à présent, cependant ce sera possible à concevoir si vous chantez en suivant le bon processus. Sinon, jamais, jamais ce ne sera possible.
Le mariage
Un mariage devait avoir lieu un matin, sur les rives du Gange, et la famille avait décidé que tous les invités se rendraient à la demeure du marié en bateau. La veille au soir, ils engagèrent un batelier et les membres de la famille du marié montèrent dans le bateau. Ils n’oublièrent pas d’emporter du vin, une danseuse pour les divertir et aussi de la marijuana, puis ils descendirent dans les parties aménagées du bateau pour se réjouir. Le chef de famille donna de l’argent au batelier et lui dit d’accoster près de la demeure du marié dès le lendemain matin, sinon le mariage ne pourrait avoir lieu. Le moment favorable était à 4 heures.
Pendant que, sur le bateau, tout le monde se réjouissait, les rameurs ne ménageaient pas leur peine et transpiraient beaucoup. Le lendemain matin, à 4 heures, le père sortit sur le pont voir s’ils avaient atteint leur destination. Il fut très étonné de s’apercevoir qu’ils étaient toujours au même endroit. Le bateau n’avait pas bougé. Il se mit en colère contre les rameurs: «Nous sommes encore près du village! Les mêmes cocotiers, les mêmes côtes! Je vous ai donné beaucoup d’argent et ce que vous vouliez, alors pourquoi le bateau est-il toujours au même endroit? Par votre faute, nous avons manqué le moment favorable au mariage!»
Le batelier s’avança et dit: «O maître, vous nous avez donné tout ce qu’il fallait et nous avons ramé toute la nuit et vous pouvez voir que nous ne nous sommes pas reposés.» Ils regardèrent alentour et constatèrent que non seulement l’ancre n’avait pas été remontée, mais qu’elle s’était enfoncée de plus en plus profondément dans la terre. Le bateau n’avait fait que se balancer d’avant en arrière toute la nuit.
De même, si vous chantez et que vous prenez aussi de la marijuana ou autres drogues, absorbé uniquement dans les besoins de votre corps, de votre épouse, votre sœur, etc., cela reviendra au même que de ramer sur votre bateau en laissant l’ancre. Vous ne pourrez avancer. Si quelqu’un a de l’attirance pour les choses matérielles, il ne pourra pas avancer. C’est la raison pour laquelle Caitanya Mahaprabhu a dit:
namnam akari da bahudha nija-sarva-saktis
tatrarpita niyamitah smarane na kalah
etadrsi tava krpa bhagavan mamapi
durdaivam idrsam ihajani nanuragah
«O Bhagavan, Ton saint nom seul peut combler les êtres de toutes les grâces. Aussi, des noms sublimes, en possèdes-Tu à l’infini, tels Rama, Narayana, Krsna, Mukunda, Madhava, Govinda, Damodara, que Tu as investi de toutes Tes énergies pour le plus grand bénéfice des jivas. Pour les chanter, aucune règle stricte. Dans Ton infinie miséricorde, Tu permets qu’on s’approche aisément de Toi par le chant de Tes saints noms, mais dans Mon infortune, à cause de Mes offenses, Je ne suis capable d’aucun attrait pour eux.» (Sri Siksastaka 2)
Tout d’abord, vous devez rejeter toute mauvaise compagnie:
asat sanga tyaga, ei vaisnava acara
stri-sangi eka asadhu, krsnabhakta ara
«Un vaisnava doit toujours éviter la compagnie de gens ordinaires, car ils sont très attachés matériellement, particulièrement aux femmes. Les vaisnavas doivent éviter ceux qui ne sont pas des dévots du Seigneur Krishna.» (Caitanya-caritamrta, Madhya-lila 22.84)
Si vous êtes sous l’emprise de la concupiscence, que vous êtes très faibles, ce n’est pas grave, du moment que vous êtes sincères. Vous êtes comme vous êtes. Ne cachez rien. Toutefois, vous devez abandonner la compagnie des mayavadis, car elle est comparable à une très dangereuse et féroce tigresse. Raghunatha Dasa Gosvami et Mahaprabhu ont déclaré, tout comme le Srimad-Bhagavatam, que si vous voulez être heureux et désirez être un dévot, ne fréquentez jamais des mayavadis. Il n’est pas grave d’être concupiscent. Cela peut facilement disparaître, tout comme les anarthas, mais si vous vous faites dévorer par cette dangereuse tigresse qu’est la fréquentation des mayavadis, personne ne pourra vous aider. Vous devez donc être très prudents et trancher tout lien avec eux.
Même s’ils sont vos amis ou des membres de votre famille, ils doivent être abandonnés pour le restant de votre vie. Deuxièmement, la compagnie de ceux qui sont attachés à la vie sexuelle et de leurs amis doit aussi être abandonnée. Il est préférable de mourir dans un feu ardent que de maintenir une telle compagnie. Il vaut même mieux entrer dans la bouche d’un crocodile ou d’un tigre que de rester en contact avec ces deux types de personnes. La souffrance du feu ou celle d’être dévoré ne durera que pour cette vie-ci. La prochaine vie, tout ira très bien à nouveau. Mais pour celui qui reste en compagnie des mayavadis, sa dévotion s’en ira pour des milliers de vies, voire pour toujours.
Mes chers amis, mes chers frères et sœurs, réfléchissez bien. Si vous fréquentez encore des mayavadis, promettez: «Je ne continuerai pas.» Je vous dis cela pour vous sauver, sinon vous irez dans des régions ténébreuses infernales et votre vie sera ruinée pour toujours. Même dans le futur, vous ne pourrez plus revenir dans cette lignée. Donc, souvenez-vous bien de cela; je le répète encore et encore, ne restez pas avec des mayavadis. S’ils viennent à vous, offrez-leur vos hommages les mains jointes et dites-leur: «Prabhu, s’il te plait, reste loin de moi.»
Un dévot: Maharaja, vous avez inspiré la crainte dans mon cœur. Comment puis-je reconnaître un mayavadi?
Srila Narayana Maharaja: tu le reconnaîtras facilement. Il te dira: «Dieu n’existe pas» ou encore «Dieu n’a pas de forme, je suis Dieu et toi aussi, tu es Dieu. Aham brahmasmi. Sarvam kalvidam brahma.» Cet individu ne chante pas les saints noms et ne pratique pas le souvenir de Krishna, et il ne vient pas bénéficier de la compagnie d’un dévot avancé. Il est très facile à reconnaître.
Edition: Syamarani Dasi
Traduction: Krishna-bhakti Dasi
Correction: Syamananda Dasa